
À l’extrême ouest de la Bretagne, dans le Finistère, face à la pointe du Raz, se trouve l’Île de Sein. Posée sur l’océan et séparée du continent par la redoutable chaussée de Sein, l’île s’étire sur une étroite bande de terre, battue par les vents. Sa superficie est de 58 hectares (0,58 km²), et son altitude maximale ne dépasse pas 6 mètres. Ici, rien n’arrête le vent, rien ne retient les tempêtes, et la mer façonne la vie des habitants depuis toujours.
En juin 1940, la France s’effondre. L’armée est battue, l’armistice est demandé. Le 18 juin, depuis Londres, le général De Gaulle lance son appel à poursuivre le combat. Sur l’île de Sein, cet appel est entendu. Et surtout, il est immédiatement suivi d’effet.
Entre le 19 et le 26 juin 1940, tous les hommes en âge de combattre prennent une décision radicale. Ils quittent leur île, embarquent sur leurs bateaux pour rejoindre l’Angleterre. Ils partent sans certitude, mais avec une conviction simple et absolue : refuser la défaite et continuer la guerre.
Au total, 128 Sénans rejoignent ainsi l’Angleterre. En quelques jours, l’île se retrouve presque entièrement privée de ses forces vives, laissant derrière eux les femmes, les enfants et les anciens.
À Londres, le 6 juillet 1940, les premiers volontaires français sont rassemblés à l’Olympia Hall. Le général de Gaulle y passe en revue ceux qui ont répondu à son appel. Ils sont alors environ 400 volontaires français. Il demande à chacun d’où il vient. Parmi eux, 128 viennent de l’Île de Sein. Face à cette proportion exceptionnelle, il prononce cette phrase restée célèbre : « L’Île de Sein, c’est donc le quart de la France. »
Marins avant tout, les hommes de Sein s’engagent principalement dans les Forces navales françaises libres. Leur connaissance de la mer en fait des combattants précieux. Ils participent à l’escorte des convois, aux opérations navales, à la lutte contre les sous-marins et à de nombreuses missions en mer. Ils poursuivent le combat loin de leur île avec détermination. 22 Sénans ne reviendront jamais.
Après la guerre, le général de Gaulle se rend sur l’île une première fois en 1946. Cette même année, l’Île de Sein est faite Compagnon de la Libération, distinction exceptionnelle, aux côtés de Paris, Nantes, Grenoble et Vassieux-en-Vercors.
L’île de Sein est la commune la plus décorée de France au titre de la Seconde Guerre mondiale. Un minuscule territoire, pour un engagement immense.
En juin 1940, sur cette terre minuscule à l’extrémité de la Bretagne, battue par les tempêtes, presque tous les hommes ont pris la mer pour continuer le combat. Et ce geste a suffi à faire entrer l’Île de Sein dans l’Histoire.
L’Île de Sein reste un symbole de la résistance Française. Le général De Gaulle s’y rendra une deuxième fois en 1960 pour inaugurer le monument des Forces Françaises libres. Tous les présidents de la cinquième république s’y rendront également.
Comme l’Île de Sein face à l’océan et à la guerre, Dieu révèle sa force dans la faiblesse.